Tomber en amour – II

Le Mentir-vrai sous le bras; cheveux longs et posture – pose (ou pause), je traversais les gares; je rêvais à d’autres mondes, à d’autres rêves : je me distribuais mes mensonges comme on distribue les cartes – et en bon tricheur je savais que la dame de cœur était dans ma manche, en baiser volé.

D’un simple coup, simple, simplement donné, par le hasard, coup de dé, donné par le hasard, ce coup, à qui perd, gagne, perdre mais trouver toi, ce coup donné par le hasard aux certitudes certaines, perdre, le perdre, se perdre, pour toi, oui, perdre, se perdre, pour toi, en toi, avec toi.

En perdant, soudain, en un coup, foudre ou pas, en perdant, que gagne-t-on, si ce n’est, et c’est tout, tout, si ce n’est toi, d’un coup, en un coup, en perdant, te gagner, toi, tout toi.

J’avais la carte, je maîtrisais la partie – et en romancier je faisais sauter la coupe – j’étais Simon Melmoth et j’étais un rêve dans un rêve : un jeu de cartes à moi tout seul – un tricheur avec sa dame de cœur dans la manche. Je traversais les salles d’armes : salut, battez, contre-de-quarte, battez, contre-de-sixte, fendez, et la tête toujours en arrière (cheveux longs et posture – pose (ou pause)) – j’étais Simon Melmoth et rien de ma vie dans mes écrits, mais mes écrits dans ma vie; un tas de rêveries : un doigt sur des lèvres pour tenter de les comprendre.

Perdre, oui, mais pour prendre, oui.