Cher Comité

Chaque numéro nous sollicitons des auteurs que nous aimons pour leur talent et leur imagination dont certains font preuve jusque dans leur refus…

 Cher Comité éditorial,

Je vous adresse mes très vifs remerciements pour votre proposition qui m’honore. C’est à grand regret que je décline, car outre la satisfaction que j’éprouve à avoir été ciblé par votre revue, je trouve le projet tout à fait amusant et intéressant ; mais entre mes activités professionnelles, mes propres travaux littéraires en cours qui appellent un achèvement wiki wiki, comme on dit en hawaïen, sans compter la grande kermesse du kitsch de Noël et de la Saint-Sylvestre qui s’annonce et me laisse chaque année déprimé et sans force, il me sera impossible de rendre quelque chose d’un peu sérieux, d’un peu présentable, dans le délai que vous dites. Ajoutez à cela le froid d’Inuit récemment tombé sur la ville, et vous voyez que le garçon plutôt du sud que je suis, déjà à peu près tué par un gros rhume, ne vous sera vraiment d’aucune utilité. Croyez que j’en suis bien désolé, et que j’espère me rattraper en contribuant à un prochain numéro, si toutefois ma participation vous agrée toujours et si, comme j’en forme le souhait, je jouis alors d’un peu plus de latitude, de zénitude et de santé. Je vais m’entourer de grigris pour que d’ici là, vos sentiments à mon égard ne soient pas trop changés.

Je souhaite plein de réussite et longue vie à Cousins de personne. J’en profite pour vous dire bravo pour le dernier numéro en ligne que j’ai lu attentivement : certaines contributions m’ont paru absolument admirables, et j’ai trouvé que l’ensemble, dans son assez grande hétérogénéité, formait un amalgame très cohérent. Je vous félicite tout particulièrement pour la publication du beau poème brutal de Laura Vazquez, qui d’évidence est une auteure à ne plus lâcher d’une semelle. Partant de son texte, et par sérendipité, si l’on peut dire, j’ai découvert surtout la poésie de Shawn Cotton, qui m’a considérablement remué. Merci donc aussi pour cela.

Bien sincèrement,

A.B.