Épilogue

Ce n’est pas la vie tout cela : c’est le bruit de la vie. – Alfred de Musset   Dans son portrait délicat du poète René Lapierre, notre collaboratrice Delphine Naum a écrit ces mots prophétiques : « J’aime à penser que, comme en bien des choses, il fallait en finir pour commencer. » Après cinq intensives années à…

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Naviguer l’accident

La suspension n’est pas un temps arrêté avant qu’il se passe quelque chose, c’est l’événement même. – Anne Dufourmantelle, Éloge du risque Tout événement, tout phénomène qui se manifeste, nous affecte et nous chavire n’est-il pas en soi un accident, une erreur de parcours? L’idée que nous nous faisons des choses ne coïncide jamais entièrement…

La chevauchée fantastique de la sardine sans tête : portrait d’un écrivain africain et d’une poupée russe

« Poiscaille pour indigents », « saloperie sans queue ni tête » écoulée par les Espagnols dans les capitales d’une Afrique lointaine, la sardine acéphale pourrait assurément compter parmi les monstres dont Jérôme Bosch, et à sa suite l’artiste congolais Pierre Bodo, peuplent leurs jardins infernaux – et c’est bien un autoportrait tératologique, en maudit ou en damné, qu’entend…

L’éclat des figues avant l’explosion

J’attends Constantina dans la maison presque vide. Elle aurait dû arriver il y a vingt minutes, ou deux heures, ou trois, je ne sais plus; ma montre s’est arrêtée hier, comme un présage du temps qui finit. Son avion s’est peut-être écrasé ou un bagage suspect a encore explosé et il a détruit l’aéroport. Si…

Chronique myclonique

Enfant, j’éprouvais souvent cette sensation de tomber dans le vide au moment de m’endormir. L’impression de perdre pied et de chuter d’un ravin, d’un édifice. La tête renversée, le cou presque détendu. C’était un état récurrent, et sa familiarité m’était peu inquiétante. J’en discutais parfois avec mes amis, avec mes parents. On savait de quoi…

Une seconde

Il ne s’agit que de, il ne s’est toujours agi que d’une seconde, il ne s’agit que de cette seconde, il ne s’est toujours agi que de cette seconde, c’est à partir de cette seconde que mes yeux deviennent la grande histoire où mes yeux sont la seconde où commence l’histoire de ma voix qui…

L’atelier des voix : portrait de René Lapierre

Premièrement on ne sait pas. Il y a de l’abandon de la détresse. Ça vous arrache. On se met à déparler nos cœurs se renversent1.   À l’origine, la fin J’ai commencé par Les adieux. Adieu à quoi? Une image, une identité, un nom… J’aime à penser que, comme en bien des choses, il fallait…