By Rosalie Roy-Boucher

Rosalie Roy-Boucher : cousine de personne, amie de tout le monde, expulsée en plein cœur de la forêt boréale en 1985. Elle vagabonde çà et là avant de jeter l’ancre à Montréal où elle étudie les mots des autres.

Mes monstres : femmes sans queues

Je suis une mauvaise lectrice. N’importe qui peut me faire avaler n’importe quoi. Je lis comme certains consomment de la pornographie ; l’effort artistique est peu important, tant que l’essentiel y est. Les mots comme les organes se joignent pour créer des images, des émotions, pour chatouiller l’imaginaire, j’avale, je gobe, j’accepte. Je suis une mauvaise critique. Mon appréciation littéraire est directement liée à ma digestion des œuvres. Je suis une mauvaise intellectuelle. Mes études littéraires, La grande bouffe : le prétexte ultime à une orgie de mots, où l’on croque l’adverbe et le pronom possessif, à peine le temps de déglutir…