By Pauline Picot

Pauline Picot est la fille tardive de Jack Kerouac et William Faulkner, couple s’étant enfin marié, grâce à une pugnacité tenace, pour s’installer ensemble dans une résidence d’écriture sauvage à mi-chemin entre le Texas et le Massachussetts. Petite, elle est très vite jugée importune par ses parents et envoyée dans le couvent normal supérieur pour jeunes filles de Lowood, en Angleterre, où elle acquiert la précieuse amitié de la jeune Jane Eyre. Avant même d’avoir achevé, là-bas, son instruction rudimentaire, elle prend la fuite pour Berlin où elle trouve rapidement un travail : passer régulièrement le balai sur le plateau de tournage de "L’Angle bleu" et faire des numéros de claquettes irlandaises entre les prestations de Marlène Dietrich. Sa vie prend alors un tournant décisif : elle apprend en effet, par une lettre de sa nourrice italienne, Marie Ginori, qu’elle aurait été la sœur de lait de Julien Sorel. Déterminée à retrouver le seul élément de famille qui pourrait encore lui rester, elle part pour la France sur le même bateau que Vaslav Nijinski, dont elle polit les chaussures en apprenant au passage le secret de sa fameuse entrée en scène sur "Le Spectre de la Rose". Enfin parvenue en France, elle décide de reprendre des études à l’ENS de Lyon et d’écrire plus résolument pour le théâtre afin de pouvoir, un jour, obtenir un entretien d’embauche avec Jean Vilar.

L’Orphéon : joyeuses effractions dans un immeuble de papier

•Collectif•L’Orphéon• Je ne connais pas les auteurs de l’Orphéon. Je ne connais rien d’eux, ni leur parcours, ni leurs publications, ni leur univers, ni leurs champs d’écriture. Et je ne suis allée faire aucune recherche avant de pénétrer dans cet immeuble de papier. J’y suis entrée par effraction – au cinquième étage. L’Orphéon, c’est déjà ça : la joie espiègle de pouvoir s’immiscer dans un protocole littéraire – cinq livres pour cinq étages d’un immeuble nommé ainsi, L’Orphéon – par n’importe quel étage, en coup de vent, et avec le sourire. La liberté de pouvoir entrer dans un curieux bâtiment…